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"Quand je suis arrivée en France c´est la peur, c´est l´angoisse.
J´ai honte parce que je ne comprends rien du tout, je ne connais rien.
Quand je sors de chez moi, je me perds parce que je ne connais personne.
On est une personne à part, on ne connaît pas, on ne parle pas. Alors On est une personne à part.
C´est comme si on n´existait pas.
Je retourne toujours dans les mêmes rues, il faut pas que je change de rues, il faut toujours que je reste dans le quartier. Si je sors de la Goutte d´Or, ça y est, je ne reviens pas chez moi..."
"Quelqu´un qui ne sait pas lire, qui ne sait pas écrire, même si on lui marche sur les pieds, il est obligé d´accepter.
Moi, j´ai beaucoup de copines qui sont payées pour 4 heures mais qui travaillent 8 heures.
Et ces gens-là n´osent pas se plaindre au niveau des syndicats, au prud´hommes, ils sont là, ils acceptent, c'est des esclaves.
Si je n´avais pas appris à lire et à écrire je serai restée dans le noir.
Moi aujourd´hui, quand je reçois ma feuille de paie, je sais combien je gagne, je sais compter mes heures.
Tout ça, c´est des choses qui rentrent dans le cadre de l´intégration.
Ce que j´ai vécu depuis ma naissance jusqu´à maintenant, je me battrai pour que mes enfants ne soient pas comme moi.
Pour qu´ils ne connaissent pas les mêmes galères que moi.
Je me suis battue, je me bats, je me battrai..."
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